Traduction de l'article "Nine meals from anarchy - How Britain is facing a very real food crisis" (juin 2008)

food supply in peril

"L'expression «Neuf repas avant l'anarchie» ressemble plus au titre d'un mauvais film hollywoodien qu'à une menace réelle.

C'est pourtant l'expression utilisée par Lord Cameron de Dillington, un agriculteur qui a été le dirigeant de la Countryside Agency – agence parapublique mise en place par Tony Blair à une époque où il prétendait se soucier de la campagne - pour décrire à quel point l'offre alimentaire en Grande-Bretagne est actuellement en péril.

Bien avant les autres, Cameron a vu le risque qu'une véritable crise alimentaire frappe ici en Grande-Bretagne, au 21e siècle, et pas seulement dans les pays pauvres du Tiers-Monde.

Voici le scénario. Imaginez un arrêt brutal des livraisons de pétrole, un arrêt soudain de l'essence qui coule régulièrement des pompes dans les moteurs des camions qui livrent les aliments à travers le pays et qui garnissent les rayons des supermarchés dès qu'un produit vient à manquer.

Si les camions ne circulaient plus, on commencerait à s'inquiéter et nous irions dans les magasins, pour remplir nos garde-mangers. À la fin de la première journée, s'il n'y avait toujours pas d'essence, les rayons seraient déjà plutôt dégarnis. Imaginez, alors, la deuxième journée : votre quatrième repas, le cinquième et le sixième. Ce serait la panique. Troisième jour: toujours pas d'essence.

Que se passerait-il alors ? Avec la sensation de faim et aucune idée de combien de temps il faudrait pour que les supermarchés soient réapprovisionnés, combien de temps se passerait-il avant que ceux qui n'avaient pas fait suffisamment de stocks aillent commencer à voler leurs voisins ? Ou aillent piller ce sur quoi ils pourraient mettre la main ?

Il y a environ 11 millions de jardiniers en Grande-Bretagne, mais vos délicieux pois d'été n'iront pas loin lorsque vos enfants seront affamés et que les fèves au lard seront épuisées.

Lord Cameron estime qu'il ne faudrait que neuf repas - trois jours entiers sans livraisons dans les supermarchés - avant que la loi et l'ordre ne commencent à se dégrader, que la rue ne sombre dans le chaos.

Une hypothèse exagérée pour la Grande-Bretagne, l'une des premières nations du monde ? Pas du tout. Parce que c'est exactement ce qui s'est passé aux États-Unis à la suite de l'ouragan Katrina. Les gens ont pillé pour se nourrir et nourrir leurs familles."

Lire la suite de l'article traduit